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"Comment l'esprit produit du sens ?" de Jean-François LE NY

 
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MessagePosté le: Mer 4 Mai - 21:43 (2016)    Sujet du message: "Comment l'esprit produit du sens ?" de Jean-François LE NY Répondre en citant

Livre imprimé en février 2005, aux éditions Odiles Jacob


Extrait p 49-51 :


"Deux grandes classes de réalités mentales : processus et représentations


Deux grandes questions peuvent en effet être posées à propos des esprits humains : 1. comment fonctionnent-ils ? 2. comment sont-ils constitués ?

A la première question, la révolution cognitive a apporté une réponse neuve, et de grande portée : les esprits humains - ou si l'on veut les esprits/cerveaux - sont fondamentalement des dispositifs de traitements de l'information.

Cette façon de voir définit un versant du psychisme que l'on peut rationnellement séparer d'un autre versant, celui de l'affectivité, des composantes de la personnalité, des motivations et des émotions, et des perturbations ou problèmes que celles-ci suscitent : la psychanalyse est représentative des opinions dominantes sur ce second versant.


Une bonne façon de se représenter l'activité de l'esprit est de le faire à travers son déploiement dans le temps, et de dire alors qu'elle comporte une suite d'états (ou d'évènements lorsque ces états sont courts) : ceux-ci sont, identiquement mais indissociablement, mentaux et cérébraux.

Ils sont reliés temporellement par des relations de causalité partielle, ou si l'on veut de "contribution causale" : lorsque les esprits/cerveaux passent d'un état à un état suivant, le premier est, partiellement, la cause du second (par l'intermédiaire du fonctionnement cérébral).

Tout l'ouvrage essaiera de dire comment.


C'est ce qu'exprime autrement l'expression de "traitement de l'information", où "traitement" est un équivalent de "transformation", et autrement encore ce qu'on peut appeler le "fonctionnement" des esprits/cerveaux

[...]

La question 1. posée plus haut consiste alors à se demander comment s'effectuent ces traitements : elle reçoit une réponse sous le concept général de processus.

[...]

Notre question 2. doit aussi être formulée en termes d'information : les états dont nous avons parlé sont, pour une large part, des états informationnels.

Ils "contiennent" de l'information.

Leurs traitements, tels qu'ils sont réalisés par les processus, consistent fondamentalement à ajouter ou à retrancher de l'information.


Mais une autre façon de les conceptualiser consiste précisément à focaliser l'attention sur leurs contenus, et à dire alors qu'ils sont des représentations.

[...]


Le concept même de "représentation", en tant qu'état, est éminemment problématique.

Il faut absolument échapper aux veilles métaphores, à celle de l'empreinte sur la cire, que reprend l'expression encore courante de "trace mémoire", expression au demeurant innocente si on ne lui attribue pas un contenu statique.

Echapper aussi aux conceptions neurobiologiques simplistes, selon lesquelles le support neural des représentations serait un petit groupe de cellules spécialisées dans le cerveau : tous les chercheurs sont bien d'accord aujourd'hui que le fonctionnement cérébral est parallèle et réparti, et qu'il faut chercher le substrat d'une représentation particulière dans une partie de ce fonctionnement.

[...]

La recherche montre que c'est à travers une interaction complexe entre les deux sortes de propriétés des représentations, les propriétés représentatives et les propriétés non représentatives, que les processus cognitifs assurent le fonctionnement naturel des esprits humains."



Les lignes espacées 2 et 3 de ce passage ne sont-elles pas en contradiction avec les résultats confirmés de Antonio R. DAMASIO ? :

Les émotions jouent un rôle dans la prise de décision rationnelle, et de fait la cognition n'est pas entièrement dissociée et dissociable de l'affectivité et des émotions.

Des patients qui ont un QI élevé de l'ordre de 130 (très bonne cognition), mais qui présentent des lésions préfrontales, sont incapables de prendre des décisions rationnelles, dans leur vie quotidienne, notamment lors d'achats ou du choix de personnes fiables.



Extrait p 80-81 (critique anti néoplatonicienne, à mettre en relation avec Citation p 261 du livre "La révolution transhumaniste" de Luc FERRY) :


"La position la plus extrême est à cet égard celle qui attribue aux concepts une existence propre, indépendante des esprits, idéale : de ce néoplatonisme, qui nie ou disqualifie la psychologie, on trouve les défenseurs les plus convaincus chez les philosophes et des mathématiciens, mais aussi chez des physiciens théoriciens, pourtant proches des données expérimentales et impliqués dans la recherche avancée, mais impressionnés, comme l'étaient les rationalistes classiques, par l'extraordinaire façon dont les concepts des mathématiques abstraites s'appliquent au réel, cette fois au niveau quantique.

La relation première d'un esprit avec un concept qui lui est extérieur est alors pensée comme relevant d'une "saisie", ainsi que le disait Frege, du concept par l'esprit.


Il est assez difficile de concevoir ce que pourrait bien être, en tant qu'activité mentale naturelle, une telle saisie : on imagine que, chez les auteurs qui croient à son existence, elle est pensée par analogie avec la perception d'un objet extérieur.

Mais justement, la perception n'est pas, selon les conceptions actuelles, une "saisie", elle est un traitement complexe de l'information entrante.

Il est donc difficile d'adhérer à cette conjecture de la "saisie" : on n'en a aucun témoignage objectivement attesté, hormis celui, qui reste subjectif, de penseurs de haut niveau.

Mais ceux-ci pensent d'autre part, dans la vie quotidienne, comme tout un chacun.

Peut-être la conviction néoplatonicienne est-elle, elle-même, cognitivement explicable.

On peut se demander si c'est par ce que les concepts existent idéalement de façon extérieure aux esprits qu'ils ne peuvent qu'être "saisis", contemplés et utilisés, ou bien parce que ces activités sont effectuées chez ces personnes de façon rapide et sans effort que leurs caratéristiques psychologiques sont inaperçues;

Nous croirions volontiers que cette sorte de relation entre ces esprits et leurs concepts relève du facteur de familiarité : la très haute fréquence de fréquentation des concepts abstraits leur donne une très grande familiarité sujective, et celle-ci pourrait être la base du néoplatonisme. "



Jean François LE NY est un matérialiste (pas forcément déterministe) :



Extrait p 152 (à mettre en relation avec la pensée dualiste de Luc FERRY) :


"Chapitre 4 Significations de mots, concepts et catégories


Construire une connaissance à propos des significations ne devrait pas, dans son principe, différer de la démarche commune qu'adoptent toutes les sciences pour construire une connaissance sur le réel, celle de l'expérimentation et de la modélisation.

Mais on se heurte néanmoins ici à une différence fondamentale : la signification des mots, avec son dérivé le sens des phrases, n'est pas une "réalité" comme les autres.

Elle n'en diffère pas seulement par le fait d'être inobservable : beaucoup d'autres réalités visées par les sciences le sont aussi, par exemple, en physique quantique de façon radicale.

Une autre différence s'y ajoute : la façon meme d'exister de la signification et du sens.

Il s'est beaucoup écrit sur ce thème, souvent de façon très subjective.


La différence que nous prenons en compte ici est que la "réalité" en cause est représentationnelle, tout en demeurant, pour les sciences cognitives, naturelle.

Ce dernier mot indique qu'elle fait partie de la nature, des "choses qui existent en ce bas monde", de sa matérialité : en témoigne son support matériel, qui est de nature cérébrale.

Mais ce qu'on peut en observer dans le cerveau est bien loin d'en épuiser la réalité : croire qu'on peut "voir", par l'intermédiaire de l'imagerie cérébrale, ou déterminer, par une des techniques neurobiologiques aujourd'hui disponibles, ce qui se passe sémantiquement dans le cerveau, ou plutôt dans certaines de ses structures, est une vue illusoire, que ne partagent pas les spécialistes de ces domaines.

Par exemple, observer certains aspects du fonctionnement du cerveau lorsqu'une phase ou un texte sont traités par un sujet, ne nous dit rien de leur sens, ni du contenu des représentations qu'ils évoquent.

Cela n'empêche pas que la mise en relation de ces données avec celles qui relèvent de la psychologie cognitive puisse, sous un certain angle, être féconde."




Extrait p 119-120 (A mettre en relation avec une conjecture personnelle 1) :


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MessagePosté le: Mer 4 Mai - 21:43 (2016)    Sujet du message: Publicité

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